Immigrer avec de jeunes enfants

Comment garder la tête hors de l’eau… et du temps pour soi ?

Immigrer avec des enfants en bas âge n’est pas toujours une mince affaire. La principale problématique est que l’on laisse généralement derrière soi les grands-parents ou autre famille proche, et au bout de quelques mois, on est parfois à bout de souffle, faute de pouvoir passer le relai.

Mariam Diarra, arrivée à Québec en 2009, nous livre ici son témoignage de jeune maman.

J’ai immigré dans la merveilleuse ville de Québec, en mai 2009. Je faisais partie des chanceux à déjà avoir un emploi en arrivant. Donc, sur le plan professionnel, je devais juste appréhender une nouvelle philosophie de vie et m’habituer aux particularités de la langue française version québécoise, ce qui a d’ailleurs donné lieu à quelques situations cocasses à l’occasion.
Je voudrais, par contre, m’attarder sur l’élément que chaque immigrant qui a une famille avec de très jeunes enfants ou qui prévoit d’en avoir, devrait, à mon sens, considérer, et s’y préparer psychologiquement. Il s’agit du manque criant de réseau familial les premières années.
Tout le monde vous le dira, l’intégration sociale est primordiale les premiers mois. Or, la présence d’enfants en bas âge limite les possibilités d’épanouissement et la vie sociale pour les parents. Lorsque la famille est bi-parentale, cela permet parfois à l’un ou l’autre d’assister à des activités mais rarement aux deux ensemble. Aller au cinéma ou au restaurant devient une chose à planifier longtemps d’avance. Il y a toujours la possibilité de faire appel à des gardiennes à domicile (selon l’âge des enfants) mais cela engendre des coûts qui ne sont pas toujours les bienvenus, notamment si la situation financière est précaire.
Et là où je trouve que c’est le plus difficile, ce sont les situations d’urgence médicale, lorsque l’on a plus d’un enfant et qu’on est obligé de se rendre aux urgences avec tout le monde faute d’avoir quelqu’un à qui les confier.
Heureusement, le réseau d’amis, le plus souvent composé de membres de notre communauté d’origine, finit par se substituer au réseau familial. Mais de mon point de vue, rester uniquement entourés de sa propre communauté ne favorise pas pleinement l’intégration. Cela prendrait un réseau beaucoup plus diversifié et élargi. 
Mariam, maman de deux garçons de 6 et 4 ans

Développer son réseau

Mariam met ici le doigt sur le nœud du problème : le réseau. Il n’y a pas que dans la sphère professionnelle que celui-ci importe, il est nécessaire de s’en construire un aussi dans sa vie privée. Les voisins, les parents du petit ami de l’école ou de la garderie, les personnes rencontrées lors d’un bénévolat, à la salle de sport ou au lieu de culte… voilà autant de possibilités de construire ou d’élargir votre réseau. Vous serez parfois surpris de voir à quel point certains sont prêts à vous tendre la main. Évidemment, cela ne se construit pas en l’espace de quelques semaines. Il faudra du temps et de la volonté pour bâtir de réelles amitiés.

Comme le souligne Mariam, vous pouvez aussi trouver du soutien dans votre communauté d’origine mais mieux vaut diversifier vos relations en tissant également des liens avec des familles québécoises. C’est ce qui vous permettra de réussir pleinement votre intégration, et vous permettra de temps à autre de souffler ou de passer un petit moment seul(e) ou à deux.

À titre d’information, plusieurs organismes peuvent également vous soutenir, vous permettre de briser l’isolement et de vous constituer un réseau :

  • Les programmes de loisirs de votre ville de résidence (une mine de possibilités selon vos goûts) 
  • Les bibliothèques de quartier
  • Les salles de sports (avec possibilité de garderie dans certaines)
  • Les relevailles pour les nouveaux parents
  • Les rencontres parent-enfant des Centres de santé de votre zone d’habitation
  •  Les haltes-garderie

N.D.