Choc des cultures

Comment s’y préparer, comment le surmonter? 

Vivre un choc culturel est le lot de le plupart des nouveaux arrivants, et il n’y a rien de plus normal à cela. Même si certaines cultures sont plus proches que d’autres de la culture québécoise, il n’en reste pas moins qu’on ne fait pas tous les choses de la même façon. On travaille différemment, on ne rit pas des mêmes blagues, on a pas les mêmes références culturelles… 

Qu’est-ce que le choc culturel?

Une personne peut vivre un choc culturel lorsqu’elle se sent désorientée par rapport à des habitudes de vie qui ne lui sont pas familières, et qu’elle perd ses repères. Cela peut être au travail, à l’école ou dans la société à général.

Dans les premiers mois de leur arrivée, les nouveaux arrivants passent généralement par une phase de Lune de Miel où tout leur semble plus beau et plus attrayant que dans leur pays d’origine. Ensuite, la routine s’installe et vient le temps de la Confrontation. Lesgens prennent conscience qu’ils ne sont pas là pour des vacances, qu’il y a beaucoup de nouvelles choses à assimiler et que tout n’est pas aussi rose qu’ils ne l’avaient imaginé.  C’est généralement à cette étape que le choc culturel est le plus important. Il peut s’accompagner de périodes de doute ou d’anxiété. “Ai-je vraiment bien fait de tout quitter pour m’installer ici ? “

Mais petit à petit, les nouveaux arrivants développent (consciemment ou non) des stratégies pour surmonter ce choc, et s’adapter à la culture de leur pays d’accueil. Cette phase d’adaption peut être être longue et varier selon chaque individu. Son degré d’ouverture, la facilité à s’exprimer dans la langue du pays, son intégration sociale et professionnelle joueront, bien entendu, un grand rôle dans ce processus.

Dans la vie quotidienne 

Le choc culturel peut avoir de nombreux visages. Parfois vous considérerez qu’il est facile à surmonter, quand cela touche, par exemple, à de petits détails de votre vie quotidienne. Mais dans certains cas, les individus peuvent vraiment vivre des situations comme un geste de rejet et en être profondément affectés.

Maman, à quelle heure on soupe ?

Si les Européens ou les Africains on généralement l’habitude de prendre leur repas assez tardivement, au Québec, on soupe autour de 17H30/18H. Dans une ville comme Québec, hors saison, il n’est pas rare qu’un restaurant ferme ses portes autour de 21 ou 22H. Alors évitez de vous présenter trop tard si vous voulez être servi.  Il faut aussi s’entendre sur un vocabulaire commun. Si en France on dîne le soir, au Québec, on soupe. Si des amis québécois vous invitent à dîner, cela veut dire qu’ils vous attendent autour de midi.

Je suis capable

Voilà sans doute les 3 mots que vos enfants n’auront de cesse de vous répéter après leurs premières semaines de vie au Québec. Ici, on apprend très tôt aux enfants à être autonome, et à être “capable” de réaliser toutes sortes de choses par eux-mêmes. Les adultes ont aussi pour habitude de leur demander et de tenir compte de leur avis. Cela peut quelque fois déstabilser nos principes d’éducation.

Je pose ma question… ou pas ?

Lorsque l’on vient de l’Europe, par exemple, on a pour habitude de poser le moins de questions possible au travail. Nous craignons le jugement ou de poser des questions qui pourraient paraitre stupides. Au Québec, c’est différent. Si vous commencez un nouvel emploi et que vous ne posez jamais de question, cela pourrait être interprété comme un manque d’intérêt par rapport à votre travail. Souvenez-vous aussi que ce qu’on vous dit oralement a autant de valeur qu’un écrit, voir même davantage. Si votre employeur ne vous fait pas de contrat de travail écrit, n’y voyez aucune supercherie. Il a votre parole et vous avez la sienne. Tout est dit!

Suis-je mal venu chez vous ?

Une maman me confiait récemment que, chaque fois qu’elle reconduisait un ami de son fils chez lui, les parents ne l’invitaient jamais à rentrer. Cela peut évidemment amener les gens à se poser des questions… Est-ce qu’ils ne m’apprécient pas ? Est-ce que c’est parce que je suis étrangère ? Pas du tout. C’est juste que ce n’est pas comme ça dans la culture, tout du moins dans les régions urbaines. Mais on comprend que certaines personnes pourraient se sentir rejetées dans une telle situation.

Se laisser du temps…

Le monde ne s’est pas fait en un jour, il faut donc vous laisser du temps. Du temps pour mieux connaître le pays où vous avez choisi de vivre,  les habitudes et les coutumes de sa population… Du temps pour vous créer de nouvelles relations, d’ici et d’ailleurs… Veillez à ne pas rester que parmi votre communauté d’origine mais à avoir un cercle d’amis diversifié. La plupart des nouveaux arrivants ont choisi volontairement de venir s’installer au Québec, mais ce n’est pas pour autant que c’est tous les jours facile.

Pour terminer, j’aimerais vous partager le témoignage de l’une des participantes à notre dernier atelier “Choc des Cultures, entre rêve et réalité”, qui je pense illustre parfaitement l’état d’esprit des immigrants, et ce même après 5 années d’installation.

"Ce soir, j’ai participé à une conférence intitulée : « Choc des Cultures, entre rêve et réalité». Ce fut une soirée très constructive et très riche!
Beaucoup de gens considèrent notre démarche comme un banal changement dans une vie! Car nous parlons la même langue, nous travaillons pareil, nous avons beaucoup de points communs mais pourtant... c’est loin d’être la même culture. Avez-vous déjà pensé à quitter votre famille, votre cercle d’amis, votre zone de confort pour arriver dans un endroit où d’autres gens sont déjà installés et mènent leur vie bien tranquille avec leurs habitudes?
Et bien, ce n’est pas toujours facile malgré l’image qu’on peut laisser paraître. Nous recommençons une vie sans famille, sans amis, sans repères... Nous nous sentons parfois seuls et bien différents!
Mais ce soir, (…) je me suis sentie comprise car j’ai rencontré des personnes venant de différents pays, et même du Québec, qui ont vécu les mêmes démarches que moi et qui, elles aussi, vivent cette réalité parfois moins « rose » que celle imaginée..."